Devenir allié·e, où commencer ?

Blogue d’Émy – Intervenante chez Sport’Aide et Alliée

Alors que je réfléchis sur mon parcours pour devenir une alliée des communautés LGBTQIA2S+, je repense au moment où voulant trouver des façons de faire la différence, je suis tombée sur le livre « The Savvy Ally : A Guide for Becoming a Skilled LGBTQ+ Advocate » de Jeannie Gainsburg. Rempli d’humour, d’informations et d’anecdotes, ce livre s’est révélé être plus qu’une belle découverte. En effet, son auteure m’a fait prendre conscience que, moi aussi, avec mon identité singulière, je peux contribuer et faire la différence auprès des communauté LGBTQIA2S+ ! 

Au cœur de The Savvy Ally se trouve des informations récentes sur les identités, le langage LGBTQ+ et les bonnes pratiques à adopter. Avec sensibilité, Gainsburg navigue à travers les complexités du rôle d’allié·e en fournissant des outils pratiques pour naviguer dans des conversations qui peuvent parfois sembler difficiles et créer des espaces qui sont plus inclusifs. Ce qui démarque l’approche véhiculée par ce livre est l’accent mis sur la notion d’advocacy – ou de défense des droits – qui nécessite une constance dans nos actions ainsi qu’une introspection continue dans le temps.

Gainsburg reconnait l’identité d’allié·e comme un parcours évolutif d’apprentissages et de croissance plutôt qu’un état qui est fixé dans le temps. Les propos de Gainsburg m’ont encouragée à remettre en question certaines idées préconçues et préjugés, à confronter avec bienveillance le malaise que je pouvais ressentir à certains moments, et à adopter la responsabilité d’utiliser ma voix pour toutes celles et ceux qui ne sont pas suffisamment entendu·e·s.

Ce qui m’a profondément marquée, c’est l’approche compatissante prônée par Gainsburg qui insiste sur le fait qu’être un·e allié·e ne nécessite pas la perfection, mais plutôt une volonté de vouloir contribuer avec authenticité, de reconnaître ses erreurs quand cela se produit et de chercher à s’améliorer continuellement. Le rôle d’allié·e en est un d’empathie, d’humilité et d’authenticité. Il s’agit d’entreprendre des actions et de poser des gestes en concordance avec les valeurs que nous prônons, dans le respect de soi et des communautés LGBTQIA2S+ que nous appuyons.

Dans mon parcours comme allié·e qui est encore en toute humilité au stade embryonnaire, je ne prétends pas être une experte dans ce que vivent mes camarades des communautés LGBTQIA2S+. Toutefois, je demeure attentive aux besoins et aux paroles qui sont transmises et véhiculées par les différent·e·s acteur·trice·s des communautés LGBTQIA2S+. Je suis consciente que le rôle d’allié·e est aussi un état d’esprit et une façon d’être qui demeurent à chaque jour un véritable work in progress – un travail en continu. 

Pour quiconque cherche à entreprendre son propre parcours en tant qu’allié·e LGBTQIA2S+, je recommande vivement d’ajouter ce livre à votre liste de lecture. Je vous encourage aussi à lire les prochains blogues qui apparaîtront sous peu … 

Dans le sport, le loisir et le plein air, tout comme en société, un changement de culture où l’on célèbre la diversité et on favorise l’inclusion est possible – cela commence par nous !

Le jour où Pascal est né

Blogue de Pascal – Entraîneur de volleyball et Allié

Août 1994, Malibu, Californie, États-Unis

Seul, craintif, anxieux et inquiet, allongé sur mon lit d’hôpital à Malibu, j’attendais une chirurgie d’urgence suite à une grave blessure au dos. J’étais venu à Pepperdine University, sur l’invitation de l’entraîneur Marv Dunphy, pour partager mon expérience avec les jeunes participants à son prestigieux camp de développement. Je me souviens de cette nuit-là avec une clarté troublante, j’avais alors 32 ans. C’est à ce moment que je pris la décision de m’accepter et de faire face à mes démons. Avec courage, j’ai choisi d’embrasser ma différence malgré mes craintes et mes angoisses. Ce jour-là, je me suis juré de ne plus jamais cacher mon plus grand secret : mon homosexualité. « Plus jamais la peur ! Plus jamais la dissimulation, jamais, jamais de retour dans ce sombre placard ».

« Si je ne suis pas moi, qui le sera ? » 

Cette citation de Henry David Thoreau, qui m’inspire depuis longtemps, met en lumière l’importance de l’authenticité et de l’individualité dans la construction de l’identité personnelle.

Ma différence, j’en avais déjà une bonne idée. Dès mon plus jeune âge, j’avais conscience de ma singularité. Immigrant dès l’âge de 8 ans, Français originaire des îles Saint-Pierre-et-Miquelon, bavard avec un accent coloré et déjà bien plus grand que les autres. Oui, dès ma jeunesse, j’avais exploré certaines de mes différences, celles que l’on remarque, celles que l’on entend. Mais jamais je n’avais accepté mon intérieur, mon identité, mon orientation sexuelle. Enfoui au plus profond d’un placard, tel un abîme dont on ignore l’issue. À maintes reprises, j’ai cherché des réponses, des modèles. Combien de nuits solitaires ai-je passées, cherchant dans mon entourage pour trouver la lumière ? C’est pourtant cette journée d’été de 1994 que Pascal, l’unique Pascal Clément, est né.

Dans les années 70-80, les allié·e·s et les modèles issu·e·s de la communauté LGBTQ+ étaient rares, leur expression et leur épanouissement étaient entravés. De plus, le monde du sport n’était pas propice à l’expression ou à la visibilité des personnes LGBTQ+. Je me souviens des caricatures gaies proposées à mes yeux d’adolescent sportif, notamment le personnage de Christian Lalancette, homosexuel du célèbre téléroman « Chez Denise ». Plus tard, dans les années 90, des figures comme le nageur canadien Mark Tewksbury et le plongeur américain Greg Louganis ont émergé, mais qui d’autre ? 

Pour moi, Michel Tremblay, notre grand dramaturge, fut ma première source de libération. C’est à travers les personnages gais de ses œuvres théâtrales et romanesques que j’ai trouvé refuge, comprenant ainsi que je n’étais pas seul. En 1984, alors que j’étudiais le théâtre à l’Université Laval, j’avais choisi un extrait d’une de ses pièces, « Les anciennes odeurs », que j’avais présenté lors de mon audition à l’École nationale de théâtre du Canada. Je jouais alors aux côtés de mon ami de l’époque, André Robitaille, qui incarnait un jeune comédien gai face à son amant et ancien professeur de théâtre. N’étant pas encore sorti du placard, vous imaginez toute la partie d’émotion vécue tout au long de ce processus. Bonheur à travers le théâtre d’être celui que j’étais réellement et la peur d’être démasqué !!!

Plusieurs refus d’audition m’ont poussé à changer mon plan de carrière. Je suis retourné au monde du sport pour entreprendre mes études universitaires en éducation physique et poursuivre par la suite comme entraîneur et enseignant. Tout au long de mes 40 années comme coach sportif et éducateur, j’ai guidé des centaines de jeunes étudiants-athlètes en leur inculquant des valeurs essentielles qui continuent de les guider aujourd’hui dans leur vie personnelle et professionnelle : respect, intégrité, effort, esprit d’équipe, fierté, tolérance et acceptation des différences. À travers mes équipes sportives, j’ai vécu mes plus belles expériences humaines, où l’harmonie, l’inclusion et la performance ne peuvent s’exprimer pleinement que dans l’acceptation de l’autre.

Depuis lors, la cause LGBTQ+ et l’acceptation de la diversité en matière d’orientation sexuelle dans le sport me tiennent à cœur. Chaque individu doit être libre de se choisir, peu importe sa différence.

« La nature ne fait pas d’erreurs, mais nous offre de merveilleux cadeaux. »

Je vous invite tou·te·s à devenir des allié·e·s envers les personnes LGBTQ+, et tout particulièrement envers les jeunes sportif·ve·s. Être un·e bon·ne allié·e signifie s’engager dans une éducation continue sur les défis auxquels ils·elles sont confronté·e·s, écouter activement leurs expériences sans jugement, offrir un soutien inconditionnel en toutes circonstances, remettre en question les comportements discriminatoires et participer activement à des actions de plaidoyer et de sensibilisation, tout en respectant leur autonomie.

Le début d’une alliance

Blogue de Sarah – Alliée
Entraîneure de basketball

Malgré le fait que j’ai étudié longtemps à Montréal, que mon cégep et mon université étaient au centre-ville, je n’avais jamais côtoyé des personnes se connectant à la joyeuse communauté LGBTQ+ jusqu’à mon arrivée dans la grande ville de Québec. J’ai toujours été au courant des grandes lignes du sujet de l’équité et de la communauté LGBTQ+, mais je n’avais personne dans mon cercle d’amis qui s’identifiait à cette communauté. Puis, au travail, j’ai fait la connaissance d’un collègue gai, et pour être honnête, je n’aurais jamais deviné son attirance sexuelle et amoureuse lors de notre première rencontre. C’est alors que la phrase « ne juge pas un livre par sa couverture » a pris tout son sens pour moi. 

Peu de temps après, j’ai suivi un cours à l’université sur l’équité en intervention sportive où on a exploré TOUT ce qu’il y a à savoir sur le sujet et son importance dans le monde du sport. Au début, le cours semblait littéralement être dans une autre langue tellement les sujets étaient complètement nouveaux pour moi et très éloignés de mon quotidien – enfin, c’est ce que je pensais. À mesure que le temps passait, les questions s’additionnaient dans ma tête. En tant que femme, j’avais déjà été confrontée à des discriminations, mais je n’avais jamais réalisé à quel point la communauté LGBTQ+ était victime de discriminations au quotidien, y compris dans le domaine sportif. C’est à ce moment que j’ai décidé de devenir une alliée, car j’ai des proches qui font partie de cette communauté et qui ne méritent pas d’être discriminés. J’ai donc pris l’autocollant « Sport’Aide » aux couleurs de l’arc-en-ciel et je l’ai mis sur ma bouteille d’eau que je traîne avec moi partout même à mes séances de coaching

Il y a quelques semaines, j’ai été confrontée à un individu qui tenait des propos désobligeants envers les personnes de la communauté LGBTQ+ au travail. En tant qu’alliée, j’ai simplement indiqué à cette personne qu’elle était libre de penser ce qu’elle voulait, mais qu’elle devait garder ses commentaires pour elle-même. Je lui ai aussi fait remarquer qu’elle devait faire attention à ses propos, car ses mots pouvaient blesser et que sa vision n’était pas partagée par la population en général. Après cet incident, j’ai réalisé à quel point mon soutien était important et pouvait éventuellement aider la cause. 

Je me considère comme une personne très ouverte d’esprit et je croyais avoir une bonne connaissance de la communauté LGBTQ+. Je suis entraîneure cheffe d’une équipe de basketball masculine au secondaire. Mon jeune âge et mon ouverture d’esprit me permettent de facilement créer un lien de confiance avec les athlètes et leur permettre de me poser des questions sans aucun jugement de ma part. L’autocollant dont j’ai fait mention plutôt sur ma bouteille d’eau a déjà suscité des questionnements de l’un de mes athlètes sur l’organisation Sport’Aide et sur l’ouverture aux diversités sexuelles. Même s’il ne s’identifiait pas à la communauté LGBTQ+, il était confortable de me poser des questions sur le sujet. J’étais contente de savoir que les jeunes pouvaient s’ouvrir à moi et me faisaient confiance, même si c’était seulement pour poser des questions. 

Cependant, au fil du temps, je réalise que mes connaissances sont quand même limitées et que chaque jour est une occasion d’apprendre et de progresser personnellement. 

Chaque jour offre une opportunité d’aider. 

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