Proche collaborateur de Sport’Aide et Ambassadeur de l’esprit sportif, Jean-Luc Brassard souhaitait profiter de la rentrée scolaire et sportive pour exprimer son opinion quant au phénomène des initiations qui revient à chaque début de saison. Bonne lecture!

 

Elle revient en force à chaque année, et comme dirait la chanson, elle ne fait plus rire personne. À l’époque des #MeToo, les initiations scolaires, sportives ou autres n’ont plus leur place dans notre société où chacun a droit au respect le plus élémentaire.

Qui peut m’expliquer qu’une université claironnant la formation des élites de demain, accepte que les premiers pas d’un élève entre ses murs soient accompagnés d’une humiliation publique, celle-ci appelée initiation, et de surcroit perpétrée par des «anciens» qui devraient plutôt être pris en exemples?

Ironiquement, les gangs de rue et autres manipulateurs utilisent ce même type d’humiliation pour abaisser l’estime personnelle des victimes, leur faisant faire des choses qu’elles n’auraient jamais faites sans cette pression de l’importance de faire partie d’un groupe, d’un gang. Ceci les amène à un sentiment de culpabilité et de honte, pour ensuite se retrouver sous leur gouverne, puis vulgairement, abuser d’elles !

Comment nos institutions éducatives et de loisirs, et nous-mêmes tolérons le modèle des gangs de rue ?

Chaque année, l’actualité fait état des dérapages indécents suite à ces rites, allant parfois jusqu’à la tragédie.

Chaque année, nous nous demandons comment est-ce possible que de tels sévices aient lieu en toute impunité !

Ironiquement, les sports, malgré tous leurs travers, documentent présentement l’impact d’humiliations sévères qui, surprise, sont largement perpétrées par des coéquipiers et non des entraîneurs. Cette blessure mentale n’est pas que temporaire. Plusieurs individus restent marqués pendant des décennies avec des répercussions évidentes sur l’environnement social de l’athlète. Régulièrement, l’humilié quitte son sport, complètement dégoutté de ces personnes qui auraient dû être de fiers coéquipiers. Dans une équipe sportive, l’athlète vétéran ne se mérite pas le respect de ses équipiers en les réduisant, mais plutôt en les valorisant. Lors des fameuses réunions consacrées à l’esprit d’équipe pour entreprises, avez-vous déjà entendu parler d’un formateur qui suggère à un cadre d’abuser et d’humilier un novice ? Bien sûr que non. Aucun patron ne tolèrerait un tel comportement! Alors pourquoi il n’en serait pas de même à l’école ?

Est-ce les recteurs, directeurs, ou autres responsable qui ferment les yeux?

Peut-être, mais tout comme le harcèlement sous toutes ces formes, ne sommes-nous pas tous un peu responsables en détournant le regard, ou en banalisant ces situations. Principalement en se convainquant que c’est normal, que tous jadis sont passés par là?

Non, ce n’est pas normal!

Chaque fois que nous ignorons l’indécence de ces initiations, nous cautionnons l’humiliation de notre jeunesse, sans penser que certains se défouleront au centuple l’année suivante sur la nouvelle cohorte, question d’essayer de couvrir encore et encore une blessure qui refuse de cicatriser.

Quels parents peuvent être fiers de savoir que leurs enfants, si adolescents soient-ils, vont prochainement se retrouver ivres morts, sans contrôle de leur personne, et souvent à demi-nus, dans une orgie d’activités douteuses. Malheureusement, quelques fois avec une trousse médicale pour tenter d’expliquer une partie de la soirée !?

Initiation scolaire ou sportive, enterrement de vie de fille et de garçon discutable, c’est assez!

Ces activités ont largement dépassé les bornes et ce, depuis longtemps. Les événements récents de comportements répréhensibles dans les mondes sportif et culturel devraient nous servir de leçons, et non d’émulation dans le renforcement de futurs agresseurs.

Le regretté Paul Gérin Lajoie nous a donné le cadeau inestimable de l’éducation gratuite. Montrons-lui maintenant que nous la méritons, cette éducation.

Jean-Luc Brassard

 

Si quelqu’un que vous connaissez a subi une initiation abusive en contexte sportif, sachez qu’il peut contacter notre équipe qui saura l’aider.

« Régulièrement, l’humilié quitte son sport, complètement dégoutté de ces personnes qui auraient dû être de fiers coéquipiers. Dans une équipe sportive, l’athlète vétéran ne se mérite pas le respect de ses équipiers en les réduisant, mais plutôt en les valorisant. »

–  Jean-Luc Brassard